Bien qu’étudiée depuis une trentaine d’années par Stephen Porges, la théorie polyvagale ne cesse de gagner en popularité ces dernières années. Un succès sans doute dû à l’essor des neurosciences ! Mais pourquoi s’intéresse-t-on de plus en plus au nerf vague ? La compréhension de son fonctionnement pourrait bien être le premier pas vers un système nerveux canalisé, régulé et pourrait nous aider à vivre une vie plus apaisée et sans stress excessif. Dans cet article, je vous partage les 7 points clés à intégrer pour comprendre cette théorie révolutionnaire !

Introduction à la théorie polyvagale

La théorie vagale trouve ses racines dans les travaux du Dr Stephen Porges, un neuroscientifique américain.  Dans les années 1990, il a formulé cette théorie innovante pour mieux comprendre la régulation des émotions et du comportement humain en général. Porges a révolutionné notre vision du nerf vague (aussi appelé nerf pneumogastrique) en montrant que ce n’était pas simplement un élément de régulation corporelle, mais qu’il jouait aussi un rôle essentiel dans la connexion entre notre corps et notre esprit. Cette théorie explique comment notre système nerveux autonome influence nos réponses émotionnelles et sociales, en ouvrant ainsi de nouvelles perspectives dans les domaines de la psychologie et de la neurobiologie. Depuis sa création, cette théorie a eu un impact considérable dans divers domaines, notamment la psychologie clinique, la thérapie et la compréhension des troubles émotionnels, notamment chez les personnes ayant vécu un fort traumatisme ou chez les personnes souffrant d’autisme.

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La théorie polyvagale s’appuie sur 7 principes clés que je vais essayer d’expliquer le plus simplement possible ici.

1. Le système vagal possède différentes facettes

La théorie polyvagale prend en compte le système vagal dans son intégralité. Celui-ci est composé du nerf vague (ou nerf pneumogastrique), mais aussi :

  • de ses fibres nerveuses efférentes générales (qui partent des organes pour aller vers le système nerveux).
    • Elles régulent les muscles lisses (sous le contrôle du système nerveux autonome) et cardiaques.
  • de ses fibres efférentes spéciales.
    • Elles régulent les muscles striés (sous le contrôle du système nerveux somatique volontaire). Ces terminaisons nerveuses se situent dans le larynx, le pharynx et l’œsophage. En termes de fonction, elles contrôlent donc la vocalisation, la succion, la déglutition. Elles sont également connectées avec la respiration.

Le système vagal est connecté directement dans la moelle épinière au noyau ambigu et au noyau moteur dorsal du nerf vague. Ces pôles contrôlent les expressions faciales, la mastication et les rotations de la tête.

2. Le système vagal moteur est double

Le système vagal moteur possède en réalité deux branches : le Vague Végétatif et le Vague intelligent.

Le Vague Végétatif

Son point de départ se situe dans le noyau moteur dorsal du nerf vague. Comme son nom l’indique, cette partie va être en charge de réguler les fonctions viscérales passives de façon réflexe. C’est donc un processus automatique qui se fait sans que nous ayons besoin d’y penser (comme digérer par exemple).

Le Vague Intelligent

Le Vague Intelligent prend naissance dans le noyau ambigu. Il va gérer les mécanismes liés à notre attention, nos mouvements, nos émotions et à la communication en général. Ces processus se font plus ou moins sous notre contrôle.

Au cours des différentes recherches, les scientifiques ont pu mettre en avant que ces deux pôles sont bien distincts sur le plan anatomique. Fait encore plus intéressant, les processus qui vont en découler dépendent de l’histoire de notre évolution avec un grand H, mais également de notre histoire de vie personnelle ! Chaque personne va donc avoir des réactions différentes dans un contexte donné.

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3. Le contrôle du système vagal moteur est complexe

Considérer que le tonus vagal (c’est-à-dire la capacité du nerf vague à réagir plus ou moins rapidement) est contrôlé par un seul système nerveux revient à simplifier excessivement le système. Par exemple, chez les mammifères, un tonus vagal végétatif trop élevé aurait pour conséquence de stopper certaines de nos fonctions vitales et donc d’entraîner la mort. A contrario, un tonus vagal intelligent important est bénéfique pour notre santé. La manière dont on mesure le tonus vagal est donc un point crucial lorsqu’on se base sur la théorie polyvagale.

4. La mesure du tonus vagal contrôle l’efficacité du nerf vague intelligent sur le cœur

Le noyau ambigu fait partie intégrante du réseau nerveux commun d’où naît le rythme cardiorespiratoire. Les émissions nerveuses qui partent de ce noyau en direction du cœur permettent aux systèmes respiratoires et cardiaques d’avoir le même rythme. Cependant, les signaux émis par la branche dorsale moteur du nerf vague n’influent pas sur la respiration. Ceci explique pourquoi la respiration est une méthode parmi d’autres pour activer le nerf vague.

5. La bradycardie varie en fonction de l’influence du noyau moteur dorsal du nerf vague

Bradycardie signifie un ralentissement soudain du rythme cardiaque. Ces changements brusques qui résultent de l’activité de nerfs peuvent être causés par :

  • des signaux donnés par la neuroception ;
  • l’orientation dans notre environnement ;
  • le réflexe optovagal (ralentit les impulsions électriques provenant du cœur quand les yeux sont compressés) ;
  • le réflexe chémovagal (régule la pression artérielle et de la fréquence cardiaque pendant la digestion grâce à des stimuli chimiques).

6. Une oscillation simultanée entre le cœur et les poumons existe

Le rythme cardiaque et respiratoire commun est engendré par un réseau neuronal qui est localisé au niveau du noyau du tractus solitaire et du noyau ambigu. Ces neurones communiquent étroitement avec d’autres cellules nerveuses qui gèrent la respiration, l’activité vocale et le rythme cardiaque.

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7. Les émotions primaires sont associées aux caractéristiques anatomiques

Pour rappel, les six émotions primaires sont :

  • la peur ;
  • la joie ;
  • le dégoût ;
  • la tristesse ;
  • la colère ;
  • la surprise.

Elles sont directement reliées à notre survie, et c’est pourquoi elles sont indissociables de la régulation du rythme cardiaque. L’hémisphère droit du cerveau joue un rôle plus prépondérant dans le traitement des émotions fondamentales. Les structures du cerveau qui régulent les fonctions internes du corps comme la respiration, la fréquence cardiaque, la digestion, etc., sont situées du même côté. C’est pour ça que l’on ressent littéralement des choses dans notre corps quand nous éprouvons des émotions fortes (« papillons dans le ventre » ou au contraire « boule au ventre », etc.).

La théorie polyvagale nous ouvre de nouvelles portes passionnantes dans la compréhension de nos comportements. et nous suggère d’explorer plus en profondeur nos émotions, notre bien-être global, et notre santé. Il est évident que le système vagal est bien plus qu’un simple mécanisme biologique. Il pourrait être la clé qui nous permet de décoder efficacement nos expériences émotionnelles et physiologiques. Fascinant non ?

Et vous, connaissiez-vous cette théorie ? Pensez-vous que la compréhension de votre système vagal pourrait améliorer votre gestion du stress au quotidien ? Y avez-vous déjà songé ? Partagez en commentaires !

À très vite ! 🙏

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