Comment se remettre d’un burnout ?
Quand on est en état d’épuisement professionnel — ou qu’on en sort à peine —, cette question revient souvent. On voudrait aller mieux rapidement, retrouver de l’énergie, reprendre une vie “normale”. Pourtant, se remettre d’un burnout n’est ni simple ni linéaire. Le repos est nécessaire, mais il ne suffit pas toujours. Beaucoup de personnes vont mieux physiquement, sans savoir comment éviter de replonger. Dans cet article, je te partage 9 étapes clés pour se remettre d’un burnout, de la prise de conscience à la construction d’une suite plus soutenable. L’objectif : comprendre ce qui se joue, avancer sans se faire violence, et poser des bases solides pour la suite.

Comment se remettre d’un burnout en 9 étapes clés

Si tu préfères écouter plutôt que lire, j’explique aussi ces étapes en vidéo.

1— Prendre conscience du problème

Peut-être que l’un de tes proches ou toi-même souffrez d’un burnout sans le savoir. C’est « normal ». Le déni et le refus de poser le genou à terre font partie du processus de la maladie. Comment ouvrir les yeux ? Finalement, je pense que lorsqu’on est en burnout, on le sait déjà pertinemment au fond de nous. Malheureusement, à ce stade, c’est un peu tard. Mais pas incurable 🙂, ouf ! Joue les enquêtrice et mets-toi à la recherche d’indices. Ton stress est-il tolérable ? As-tu des troubles du sommeil, de l’appétit ? Ton comportement a-t-il changé ? Tes proches te font-ils des remarques ? Ces petits signes traduisent sûrement que quelque chose ne va pas. Ton corps te parle. Essaie de tendre l’oreille pour écouter ce qu’il a à te dire. Découvrir les différentes étapes du burnout peut t’y aider.

2— Se faire aider par un professionnel de santé

Tu en es maintenant bien consciente : quelque chose ne tourne pas rond. Oui, mais alors, qu’est-ce qu’on fait ? Hé bien la réponse est simple. Quand notre santé décline, on prend rendez-vous chez le médecin. Alors ici, tu as le choix : médecin généraliste, psychiatre, ou même psychologue. Sache tout de même que ce dernier ne pourra pas te délivrer d’arrêt maladie ni de médicaments. Mais il peut être d’une précieuse aide pour mettre des mots sur ton mal-être justement. Il te redirigera sans doute vers un confrère si ton état l’exige. Dans tous les cas, ne reste pas seule avec tes ruminations.

Au début, je ne voulais pas aller chez le médecin, car justement, je ne voulais pas être arrêtée, je ne voulais pas qu’on me voie comme « faible ». Quelques rendez-vous avec une psychologue ont réussi à mettre le doigt sur la pathologie. Même si je n’étais toujours pas prête à l’arrêt médical, au moins, savoir « comment l’appeler » m’a apporté du réconfort.

3— Accepter les arrêts maladie

Je sais, je sais. Tu n’as pas envie d’accepter cet arrêt qui t’a été prescrit. Mais en fait, si tu ne le prends pas maintenant, ton corps va continuer à t’envoyer des signes de plus en plus fort. Et tu seras obligée de l’accepter à un moment donné. Certaines personnes en arrivent à se faire hospitaliser. Même si c’est une solution qui te parait enviable aujourd’hui, ça ne l’est pas. Ton objectif est d’aller mieux et de te sortir de cette situation le plus vite possible. Alors, suis les recommandations des soignants. Plus le burnout est pris en charge tôt, plus la convalescence sera rapide.

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4— Reprendre des forces, physiquement et/ou mentalement

Ça y est, tu as enfin accepté votre arrêt maladie. Bravo ! Tu as fait le plus dur. Vraiment…? Oui, je te vois venir. Tu es en arrêt, mais… Tu as toujours cette voix dans ta tête qui te dit : « tu es une feignasse, tu dois montrer à tes collègues que tu es encore là et que tu ne lâches pas l’affaire, tu dois faire quelque chose de tes journées, c’est pas possible d’être une loque pareille » et j’en passe. En fait, la seule chose que tu as à faire, c’est de te reposer. Profite de ce temps pour commencer à t’écouter.

J’ai passé des jours à m’abrutir devant Netflix, à me nourrir de pain de mie au Nutella. Hé oui, personne n’est parfait. Après 15 jours, le physique commençait à aller mieux. J’étais impatiente de retourner au travail ! Ce que je n’avais pas compris, c’est que je devais maintenant m’occuper de mon mental.

Mais les problèmes que je mettais sous le tapis depuis plusieurs années n’allaient pas se résoudre aussi rapidement. Quand mon premier arrêt s’est terminé, j’ai commencé à faire des crises d’angoisse, voyant qu’il fallait que je retourne au bureau. Donc, je les ai prolongés, pour mon plus grand bien !

5— Apprendre la patience

Ceux qui me connaissant personnellement ont déjà eu affaire à mon tempérament de feu 🔥 et à ma motivation à toute épreuve. Autant te dire que je suis vaguement au fait de ce qu’est la patience. Pas de ça chez moi au quotidien. J’aime les résultats visibles et rapides. Faut qu’ça roule. Vite et bien. Oui, mais en fait non. On en revient au paragraphe précédent. Cela nous emmène aux montagnes russes du burnout. On se sent un peu mieux physiquement, prête à soulever des montagnes….Et le jour d’après, on est complètement terrorisée à l’idée de reprendre sa vie d’avant, avec l’impression d’avoir fait un pas en avant, 3 pas en arrière.

Comme tout trait de caractère, la patience est une vertu qui se cultive. Plus vite tu le comprendras, plus vite tu seras en mesure d’avancer sereinement. Dans ce processus, sois toujours bienveillante envers toi-même. Il y aura des jours avec, et des jours sans. Beaucoup de jours moyens au début. Mais ça ira mieux avec le temps, promis !

6— Se pencher sur l’origine du mal-être

Voilà, cela fait maintenant quelques semaines, voire quelques mois que tu es chez toi. Tu te sens moins fatiguée, et quand ça arrive, ton esprit recommence à bouillonner. Tu te demandes quand cette situation va se terminer, quand est-ce que tu vas enfin aller mieux ? Si tu vois quelqu’un, tu as déjà probablement commencé à faire un travail sur toi-même et sur tes peurs. Peut-être que tu veux aussi t’en sortir seule, parce qu’on fond, tu sais déjà ce que tu as à faire.

Mon conseil : prends un papier, un crayon, et commence à écrire. De quoi as-tu peur, quels sont tes blocages pour avancer ? Mettre en lumière tes croyances limitantes sera un vrai game-changer.

Dans ma vie personnelle, l’un des exercices qui m’ont aidé est d’écrire ce dont j’avais peur. Et de creuser. Et si cette situation arrive, qu’est-ce qui se passe ? Et après ? Et encore après ? Tu devrais te rendre compte que tes blocages n’engendrent finalement pas la fin du monde ou de ta vie. L’objectif, c’est de te faire réfléchir à des solutions plutôt qu’à des problèmes. Quand on sait comment réagir, on est tout de suite rassurée 🙂.

7— Parler de ses angoisses avec des proches

Savoir comment se remettre d’un burnout seul peut être difficile. Parfois, nous n’avons pas le recul nécessaire pour prendre telle ou telle direction. Dans ces cas-là, le soutien des proches est indispensable. Pour ma part, je savais qu’il fallait que je change de voie professionnelle. Mais j’avais une très grosse peur liée à l’argent, à la perte de revenus. En discutant régulièrement de mes angoisses avec mon mari, il a su me prouver par A + B que mes angoisses étaient irrationnelles. Il m’a montré que, même dans le pire des cas, nous avions des solutions.

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Pour le côté professionnel, je me suis tournée vers les gens qui me connaissent « mieux que moi », à savoir, ma maman. Je lui parlais de mes idées, de mes projets. Quand je ne savais plus qui j’étais ou ce que j’aimais, elle m’a aidé à renouer avec des passions antérieures. Ou simplement à pointer du doigt mes « zones de génie ». Ne sous-estime pas la richesse que ton entourage proche et de confiance peut t’apporter.

8— Établir une stratégie pour « l’après »

Après tout ce travail sur toi, tu y vois un peu plus clair. Tu commences à entrevoir la lumière au bout du tunnel. Ne t’arrête pas en si bon chemin ! Pour l’instant, tu n’es probablement pas encore prête à passer à l’action. Mais tu t’apprêtes peut-être à un énorme changement de vie ! Démission, reconversion, ou encore divorce, déménagement… À ce stade, tu devrais savoir pourquoi tu es arrivée en burnout. Maintenant, l’objectif est de savoir comment se remettre de ce burnout sur le long terme ! Alors, encore une fois, à l’aide de ton fidèle carnet et de tes crayons, définis ce qui est bon pour toi, mais aussi, ce qui ne l’est plus !

Ma solution était de me reconvertir, même en ayant pas beaucoup d’argent. J’ai envisagé plusieurs cas de figure : changer de métier, mais dans mon secteur, garder le même métier dans une autre industrie, ou carrément changer de métier et d’entreprise ! Une fois que j’ai su ça, j’ai pu établir ma feuille de route :

  1. Trouver mon futur métier ;
  2. Trouver la formation adéquate ;
  3. Démissionner

9— Passer à l’action

Vivre consiste à agir.

Henri Bergson

Maintenant que tu as ton itinéraire et tes objectifs, il ne te reste plus qu’à les suivre ! Cela va sûrement te mettre dans des positions inconfortables. Tu vas passer par des périodes de doutes, de remises en question… Tu te demande si tu as fait le bon choix. Tu auras aussi peut-être envie d’abandonner et de revenir en arrière. C’est normal et ça fait partie du processus. Mais pense à cette épreuve comme une chance : regarde le chemin parcouru et savoure ta belle évolution ! 🥲

Éviter de retomber dans les travers du burnout

C’est compliqué de dater concrètement à quel moment exact on est sorti d’affaire. Le fait est que plus tu iras mieux, plus il te sera facile d’éviter de retomber dans l’épuisement professionnel.

Recommencer à prendre soin de soi

Une fois que j’allais mieux, j’ai très vite ressenti le besoin d’avoir une organisation béton, comme j’ai toujours aimé. Pour cela, mon outil favori, c’est le bullet journal !

Plutôt que de me faire des To-do lists à rallonge, ce qui est contre-productif, je m’en suis servie pour noter mon fameux plan d’action. Et aussi, pour me motiver à prendre soin de moi de manière quotidienne. Quand on y pense, c’est ce qu’on oublie de faire pendant des mois et des mois quand on est en burnout. Donc, je voulais absolument remédier à ça. Je me suis créé une petite liste de cases à cocher pour un sentiment de satisfaction décuplé.

Dans ma routine, j’ai notamment inclus :

Bien sûr, cette liste évolue au fil du temps et ne te correspond peut-être pas. Mais si tu en es à ce stade, je t’encourage fortement à choisir une vraie activité qui te fait plaisir. Accorde-toi du temps à y consacrer chaque jour. Même 15 minutes suffisent ! Le but est de te faire passer en priorité dans la journée, même si ce n’est que pour un quart d’heure.

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Apprendre à dire non

Comment se remettre d’un burnout et surtout, comment ne pas y retomber si tu ne modifie pas tes habitudes ? L’une des choses les plus difficiles pour moi (et ça l’est encore aujourd’hui, mais je me soigne 😛) est d’apprendre à dire non. Pourquoi ? Parce qu’on a toujours peur de blesser, de frustrer, de mal faire, de renvoyer une image de soi négative, et j’en passe. Le burnout est généralement causé par un trop-plein de quelque chose. Une surcharge de travail par exemple. Alors, entraîne-toi à asseoir ton autorité et à t’affirmer ! N’oublie pas, quand on dit « non » aux autres, on se dit « oui » à soi.

Savoir détecter les premiers signes de stress

Plus tu retrouveras le calme et la sérénité au quotidien, plus tu seras consciente de percevoir les premiers signes de stress. Je ne te dis pas de t’affoler dès que tu as une insomnie passagère ou que tu subis un peu de pression positive au boulot. Mais essaie de rendre conscientes les périodes où tu vas avoir un peu plus de mal à décrocher de ton téléphone. Où tu commence à être irritable. Ou quand tu dors un peu moins bien. Et pose-toi simplement la question « pourquoi » ? Et, évidemment, tente d’y répondre avec honnêteté 🙂.

Agir plutôt que réagir

Tout cela pour nous mener au stade ultime de la récupération : être capable d’agir et d’anticiper plutôt qu’être dans la réaction. Tu es maintenant capable de discerner les signaux envoyés par ton corps. Tu devrais avoir fait les changements nécessaires pour ne plus être au plus bas. Dès que tu te sens un peu trop stressée : tu dis stop. Prends du recul, fais autre chose, respire.

J’ai toujours tendance à être très investie dans mon travail. Mais l’une des règles que j’ai mises en place c’est « de me foutre la paix » un jour minimum par semaine. Et ce jour-là, pas de routine, pas de ménage, pas de corvée. Je fais uniquement ce dont j’ai envie, quand j’en ai envie. Et j’évite évidemment tout ce qui est smartphone et outils professionnels. Je laisse de l’espace à mon esprit pour décompresser. Pour revenir encore plus motivée !

FAQ

Combien de temps faut-il pour se remettre d’un burnout ?

Il n’existe pas de durée standard. Se remettre d’un burnout prend souvent plusieurs mois, parfois plus d’un an. La récupération dépend de nombreux facteurs : la durée de l’épuisement, le niveau de soutien, l’état de santé, mais aussi la capacité à modifier ce qui a mené au burnout. Aller mieux physiquement ne signifie pas toujours être prêt à reprendre comme avant.

Peut-on se remettre d’un burnout seul ?

Certaines personnes parviennent à retrouver un équilibre avec du repos et du temps. Mais lorsqu’on reste seule face aux mêmes questions, aux mêmes schémas ou aux mêmes peurs, la récupération peut stagner. Être accompagnée ne veut pas dire être faible : cela permet souvent de comprendre ce qui s’est joué et d’éviter de reproduire les mêmes mécanismes.

Comment éviter de replonger après un burnout ?

Éviter une rechute ne repose pas uniquement sur le repos ou la motivation. Cela implique généralement de revoir ses limites, son rapport au travail, au stress et à la performance. Comprendre pourquoi le burnout est arrivé et construire une suite professionnelle compatible avec son énergie est souvent une étape clé pour ne pas replonger.

Est-ce normal de se sentir encore fragile après un burnout ?

Oui. Même lorsque “ça va mieux”, beaucoup de personnes ressentent encore de la fatigue, des doutes ou une hypersensibilité au stress. Ce n’est pas un échec, mais un signe que la reconstruction est encore en cours. La récupération n’est pas linéaire, et ces phases font partie du processus.

Comment se remettre d’un burnout, en bref

Comment se remettre d’un burnout grâce à 9 étapes simples ?

  1. Prendre conscience que quelque chose ne va pas.
  2. Se faire aider par un professionnel de santé.
  3. Accepter et poser l’arrêt maladie.
  4. Reconstituer sa santé physique et mentale.
  5. Faire preuve de patience.
  6. Réaliser une introspection.
  7. En parler avec ses proches.
  8. Créer son plan post burnout.
  9. Passer à l’action !

Il est également important de penser à l’après. Tu as réussi à vaincre cet état une première fois. Il serait dommage de retomber dans le piège. Voici quelques pistes à ne pas négliger :

  • Prendre soin de soi régulièrement.
  • Apprendre à dire non.
  • Détecter les premiers signes de stress.
  • Anticiper les problèmes et prendre des décisions en conséquence.

Si tu es sortie de l’épuisement mais que tu te sens encore bloquée, hésitante ou incapable de décider seule de la suite, j’explique ici comment j’accompagne des femmes qui ne veulent plus continuer comme avant, mais qui ne savent pas encore quoi faire à la place, après un burnout.

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© Marlène Albrecht – Zen & Ambitieuse