Ces dernières années ont vu le business du développement personnel s’envoler. Vous aussi, vous êtes peut-être particulièrement sensible à cette nouvelle discipline qui nous promet de devenir meilleur pour soi et pour les autres jour après jour. Et c’est plutôt bien de vouloir se remettre en question pour s’améliorer. Seulement, poussés à l’excès, ces comportements peuvent vite devenir une prison dont on a du mal à s’échapper, surtout lorsqu’on se trouve être proche du burn-out. Dans cet article, je vous propose de décrypter les 4 pièges du « dev perso » dans lesquels je suis tombée afin que vous puissiez les éviter !

1. Devoir s’améliorer constamment

Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand j’ai commencé à entrer doucement dans le monde du développement personnel, c’était tout d’abord pour, comme son nom l’indique, m’améliorer. Durant cette période de ma vie, je ne me sentais plutôt pas mal dans ma vie professionnelle, mais c’était la cata au niveau personnel. Je me sentais indésirable, indigne d’être aimée, je pensais que je m’auto-sabotais et je me mettais clairement dans des relations vouées à l’échec.

Je n’avais déjà pas beaucoup confiance en moi, et j’ai « logiquement » pensé que c’était moi le problème et qu’il fallait j’agisse pour justement devenir une personne « meilleure », avec qui on aurait envie d’être. Ces croyances n’ont pas mis longtemps à déteindre sur ma vie professionnelle et peu à peu, j’ai commencé à dévorer les vidéos et autres articles en ligne qui me disaient comment être plus productive, comment avoir le job de mes rêves en devenant l’employée pro-active, qui prend des initiatives, qui remet en question intelligemment son travail pour pouvoir donner encore plus dans l’optique d’un avenir professionnel meilleur.

Et avec le recul, je pense que c’est un des premiers pièges du développement personnel dans lequel il est le plus facile de tomber. On est bombardés à longueur de temps d’injonctions à faire toujours plus, toujours mieux. Quand on a un tempérament sensible au burn-out, on a envie de bien faire, alors on écoute tout ces gurus modernes. On se lève très tôt le matin pour faire notre sport, manger bien, méditer, passer une super journée au bureau et ensuite travailler en soirée sur son side-project. En plus, il faut quand même prendre le temps de lire et de bien dormir. Et tout ça, sans tomber dans l’épuisement professionnel !

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Il y a quelque chose qui ne va pas non ? Enfin, je ne sais pas, mais moi en tout cas, cette pression à devoir s’améliorer constamment m’a justement conduit à des attentes irréalistes avec lesquelles je lutte toujours aujourd’hui. Si c’est votre cas, je vous invite à vous poser quelques instants et à réfléchir à ceci. Le but du développement personnel n’est-il pas de se sentir mieux à la base ? Alors, ne suivez pas aveuglément ce qu’on va vous dire de faire si vous sentez que ça vous rend malade (ça vaut aussi pour ce que j’écris sur ce blog !) sur le long terme. Vous n’avez pas à vous infliger la pression de devoir être meilleur sans arrêt ! Apprenez plutôt à poser des limites saines, à vous comme aux autres !

Certes, c’est à vous de faire certains changements pour améliorer votre bien-être au quotidien, mais NON, vous n’avez pas à être au top tous les jours. Il est illusoire de penser que vous vous trouvez sur une courbe linéaire qui augmente sans arrêt.

2. Endosser seul ses responsabilités

Tout comme la philosophie possède différents courants de pensée, il en va de même avec le développement personnel. Dans ce cadre, il n’est pas rare d’entendre des phrases telles que « vous êtes responsables d’absolument tout ce qui vous arrive dans la vie ». Cela pourrait s’appliquer au burn-out ou à n’importe quelle sorte d’épuisement, mais aussi à d’autres évènements de la vie plus dramatiques (violences en tout genre). Dans ces derniers cas, je ne rentrerai pas dans le débat puisque ce n’est pas l’objet de ce blog et je n’y suis pas familière. Je préfère me cantonner à l’épuisement professionnel ici.

À la base, cette formule est plutôt bien intentionnée : j’avais tendance à me dire que oui, comme je suis responsable, je peux agir pour améliorer ma vie et mon bien-être. Mais cela demande d’avoir assez de recul pour savoir ce dont on est vraiment responsable et ce qui est hors de notre contrôle. Alors oui, si on va par là, c’est moi qui choisis de prendre des missions supplémentaires au travail, c’est moi qui me mets une pression d’enfer. En allant encore plus loin, c’est moi qui autorise mon responsable à mal me parler en m’écrasant comme en crêpe et en me laissant faire.

Mais quid de tout l’environnement dans lequel nous vivons ? De notre éducation, des valeurs inculquées par nos parents ? Est-on réellement à 100 % responsable de ce qui nous arrive ? Quand on plonge peu à peu dans la dépression, cette manière de voir les choses peut nous enfoncer dans le cercle vicieux de la culpabilité, et nous pousser à toujours plus nous blâmer nous-mêmes. Et repousser d’autant notre guérison.

On part presque sur des questions philosophiques ici alors j’espère que je ne vous ai pas perdu 😅. Si vous êtes toujours là et que vous pensez vous reconnaître dans cette situation, je vous invite à prendre l’habitude de relâcher la pression. N’oubliez pas le piège numéro 1 : c’est juste impossible d’être au maximum de ses capacités tous les jours. En fait, je pense que la question n’est pas de savoir si vous êtes responsables ou pas de ce qui vous arrive. Vous devez juste apprendre à mieux vous connaître et à mieux repérer ce sur quoi vous pouvez agir ou non. A contrario, les choses ne changeront pas si vous ne faites rien en ce sens.

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3. Vouloir se guérir seul

Si vous êtes quelqu’un d’indépendant, avec de hautes attentes envers vous-même et que vous êtes déjà dans les deux pièges précédemment cités, alors il y a fort à parier que vous pensez que vous pouvez guérir tout seul. Si vous ne l’avez pas encore fait, c’est uniquement parce que vous pensez que « vous n’avez pas assez bien appliqué les conseils » ou que « vous devez sûrement avoir raté quelque chose dans la méthode ». Ben oui après tout, qu’est-ce que le burn-out ? C’est juste un peu de stress, rien qui ne soit insurmontable seul.

J’ai longtemps pensé que grâce au développement personnel, à toutes ces techniques de productivité miracle, j’allais pouvoir me sortir de cette mauvaise passe seule. Et alors ça a duré un certain temps ! Je ne voulais surtout pas demander de l’aide puisque « j’étais responsable de mon état ». J’ai donc essayé de faire encore et toujours de mon mieux.

J’ai commencé par faire appel à un coach il y a plusieurs années pour des problèmes personnels. Celui-ci m’a énormément aidé. Par la suite, c’est en acceptant de prendre rendez-vous avec une psychologue bienveillante que j’ai réussi à mettre un mot sur le burn-out. Cela m’a pris encore plusieurs mois avant d’accepter de demander de l’aide et du soutien (médical ou non).

Il est très sain de vouloir agir pour aller mieux, je dirais même qu’il faut prendre des mesures pour être acteur de son bien-être. C’est comme si vous vouliez courir un marathon, mais que vous restez assis sur votre canapé toute la journée. Si vous ne bougez pas, vous ne gagnerez jamais cette course. Alors vous pouvez choisir de vous entraîner tout seul, c’est sûr. Mais peut-être que, comme vous n’êtes pas un professionnel, vous allez vous blesser, ou simplement mettre beaucoup de temps à obtenir des résultats satisfaisants. Ou vous pouvez choisir de vous faire accompagner par un ancien marathonien qui est passé par les mêmes étapes que vous et qui vous fera progresser à la vitesse de l’éclair ⚡️ !

Dans tous les cas, et encore plus dans la sphère de notre esprit, nous sommes souvent peu objectifs face à nous-même. Si, dans votre vie, vous avez un problème récurrent, les mêmes obstacles ou problématiques qui reviennent sans cesse, je vous invite à prendre contact avec quelqu’un qui est passé par ce que vous traversez ou qui est expérimenté. Vous êtes humain, vous ne pouvez pas savoir tout sur tout. Ne sous-estimez pas la richesse que les autres ont à vous apporter.

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4. Se prendre dans les filets de la positivité toxique

La positivité toxique, en avez-vous entendu parler ? C’est cette idée qu’il suffit d’avoir une attitude positive et de se concentrer sur le côté lumineux des choses pour surmonter tous les obstacles, comme le burn-out, la dépression, ou tout autre évènement plus ou moins difficile à vivre. Ce sont ces personnes qui vous disent qu’il vous suffit de vous focaliser sur tout ce qu’une situation vous apporte et de mettre de côté ce qu’elle vous enlève.

Alors, quand on est dans un état d’esprit « normal », pourquoi pas. Moi aussi, je pratique la gratitude tous les jours (et je vous invite à le faire quotidiennement, parce que malgré tout, ça a des avantages). Sauf que, lorsqu’on est en dépression, vous répéter tous les jours que quand même, vous avez de la chance d’avoir un toit sur la tête, un mari aimant, des enfants en bonne santé, de la nourriture en quantité satisfaisante ou [insérez ce que vous voulez ici] va plutôt entretenir un sentiment de culpabilité, de dévalorisation.

Et là, il est très facile de commencer à s’auto-flageller en se disant que vu notre situation privilégiée, on n’a pas le droit de se sentir mal, qu’on n’a pas le droit d’avoir des idées noires, qu’on n’a pas le droit d’être malheureux. Tout cela va contribuer à huiler les rouages des mécanismes précédents, et tout ce système peut s’alimenter comme cela pendant très longtemps.

Comme d’habitude, il s’agit de trouver le juste équilibre entre « j’ai le droit de ne pas me sentir bien en ce moment » et « qu’est-ce que je peux faire pour aller mieux », sans sombrer dans l’immobilisme ou partir dans tous les sens à la recherche de solutions inadaptées.

Le développement personnel, un outil à manier avec précaution pendant un burn-out

Le développement personnel est un fantastique outil d’amélioration et de connaissance de soi. Cependant, il est essentiel de prendre conscience des dérives qui peuvent y être associées, et particulièrement lorsque nous ne sommes pas en bonne santé mentale (stress intense, burn-out, dépression).

La pression constante pour s’améliorer, endosser seul la responsabilité de notre épuisement, refuser les influences extérieures et céder à la positivité toxique peuvent nous épuiser davantage. De même, ces « mauvaises pratiques » nuisent à notre estime de nous-mêmes, renforcent la culpabilité déjà présente et peuvent nous empêcher d’aller mieux.

Il est important de trouver un équilibre entre reconnaître nos émotions légitimes et chercher des solutions concrètes pour notre bien-être. En trouvant un soutien approprié, vous pouvez éviter ces pièges et favoriser votre mieux-être. Le développement personnel peut être une ressource précieuse, mais rappelez-vous toujours que l’objectif est de se sentir mieux, pas de dégrader votre santé mentale.

Et vous, vous reconnaissez-vous dans l’un ou l’autre de ces points ? Le développement personnel a-t-il déjà affecté négativement votre bien-être ? Partagez vos expériences et sentiments en commentaires !

À très vite ! 🙏

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